Antigone de Jean Anouilh

Antigone – Jean Anouilh

Écrite en 1942, la pièce est représentée en 1944 au théâtre de « L’Atelier ». Anouilh reprend la tragédie léguée par Sophocle depuis 25 siècles : la jeune Antigone affronte son oncle, le roi Créon, elle veut enterrer son frère selon les rites alors que Créon l’a interdit.

Cette vieille histoire a souvent été réinterprétée et, depuis des siècles, Antigone incarne l’esprit de résistance, les exigences d’une morale universelle qui conteste la loi du Prince.

Anouilh actualise le mythe : il donne d’autres raisons au refus d’Antigone et la pièce suscite des interprétations contradictoires, en 44 : pour les uns, elle justifie la politique de Pétain et condamne « l’anarchiste » Antigone ; pour les autres l’héroïne symbolise l’esprit de résistance face à l’occupant et à la capitulation.

Et depuis la pièce d’Anouilh a fait le tour du monde. Tous les publics ont été sensibles à l’affrontement de celle qui dit « non » avec celui qui dit « oui » : que refuse Antigone ? Anouilh donne-t-il raison à Antigone, à Créon, ni à l’un ni à l’autre ?

Le « non » d’Antigone à la raison d’état a été invoqué par certains journalistes qui défendaient le droit d’informer lors de conflits alors que le filtrage de l’information, la censure étaient de règle. Son refus des compromissions, de l’usure engendrée par le temps peut signifier l’intransigeance de la jeunesse qui conteste une existence établie, balisée par les adultes. Les interprétations restent ouvertes … Pour chacun, ce peut-être le refus de renoncer à cette part de soi-même qui fait que l’on croit au caractère original de son existence.

Et si le refus trouve des fondements, le « oui » de Créon a aussi les siens : sens des réalités, acceptation de ses responsabilités, désir d’accueillir la vie telle qu’elle se présente …

La pièce de Jean Anouilh a encore quelque chose à nous dire en 2002.

Mise en Scène : Daniel Jové

Le Prologue : Christophe Meignaud, Céline Romand et Julia Saboul-Beck

Eurydice : Roselyne Grisard
La nourice : Évelyne Lesne-Fillod
Antigone : Pascale Francoz
Ismène : Claire Cavalli
Hémon : Pierre Jové
Créon : Daniel Jové
Le garde Jonas : Jean-Luc Thierry
Le garde Durand : Olivier Mouillet
Le garde Boudousse : René Palanque
Le choeur : Christophe Meignaud, Céline Romand et Julia Saboul-Beck
Le page : Quentin Drouet
Le messager : Francis Legrand

Affiche : Chloé Mathiez
Photos : Pierre Reydet
Régie Lumière : Martine Oudin
Maquillage : Martine Oudin

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